|

Le problème n’est pas le corps. C’est le regard.

Vous me connaissez, quand je poste sur la santé, le corps, la tête, des fois c’est long… allez vous chercher un café et des petits biscuits, on commence! … et oui, j’ai encore sombré dans la refonte des images en style Animes des années 80… my bad!

On est rendu à une époque assez pathétique où la porno, les réseaux sociaux, les images filtrées et la sexualisation permanente ont tellement contaminé le regard que certaines personnes ne sont plus capables de voir un corps humain normalement.

Dès qu’une femme montre ses jambes, ses cuisses, son ventre, ses formes ou simplement l’anatomie normale de son corps, il y en a toujours pour sexualiser, juger, salir ou écrire des niaiseries. Comme si le simple fait de voir qu’une femme a un corps de femme devenait automatiquement une invitation à commenter.

Il y a plus de 4 milliards de femmes sur la planète. À un moment donné, voir un corps de femme ne devrait pas créer un événement dans la tête de personne. Voir un entrejambe sous un vêtement, voir un mont de Vénus, voir des cuisses, voir une petite bedaine, ce n’est pas une provocation. Ce n’est pas une invitation sexuelle. Ce n’est pas un scandale anatomique. C’est juste un corps humain normal.

Et c’est là que le problème devient évident : ce n’est pas la photo qui est déplacée, c’est le regard de ceux qui ne savent plus regarder sans ramener tout à leur propre fantasme.


Valérie : un corps qui continue malgré ce qu’il a traversé

Ce qui a déclenché cette réflexion, c’est justement une photo de Valérie Gauthier.

la fameuse photo…

Une photo toute simple, au gym. Une femme qui montre son corps, ses cuisses, sa progression, son travail. Pas une photo vulgaire. Pas une invitation. Pas une provocation. Juste une femme qui existe dans son corps, qui s’entraîne, qui avance, qui se reconstruit.

Et évidemment, il a fallu que certains viennent salir ça.

Parce qu’on voyait son entrejambe sous son cellulaire. Parce qu’on voyait la forme normale d’un corps de femme. Parce que certains adultes sont encore incapables de comprendre que l’anatomie féminine existe sans que ce soit une invitation à écrire des commentaires sexuels stupides.

Mais ce qui rend ces commentaires encore plus lamentables, c’est qu’on ne sait jamais vraiment ce qu’une personne porte derrière une photo.

Valérie écrit beaucoup, ces temps-ci, sur son rapport au corps, à l’entraînement, à la reconstruction. Elle a déjà expliqué que pendant les années qui ont suivi son agression physique, des gens lui disaient : “Tu ne peux pas aller si mal, tu vas au gym.”

anime de Valérie Gauthier

Comme si bouger voulait dire que tout allait bien.

Comme si s’entraîner était la preuve qu’on ne souffre pas.

Comme si les gens qui vont au gym n’avaient pas leurs propres combats.

Mais parfois, c’est exactement l’inverse.

Le gym, la marche, le sport, l’entraînement, ce n’est pas toujours une vitrine. Ce n’est pas toujours de l’ego. Ce n’est pas toujours une quête de clics, d’attention ou de validation. Parfois, c’est ce qui garde quelqu’un debout.

Littéralement.

C’est ce qui empêche le corps de dépérir pendant que la tête essaie de survivre à autre chose. C’est ce qui donne une structure quand le reste est en désordre. C’est ce qui permet de remettre un pied devant l’autre, même quand on n’a pas l’impression d’aller bien.

Les gens confondent beaucoup trop souvent la force avec l’absence de douleur.

La vraie force, ce n’est pas toujours quelqu’un qui n’a jamais plié. C’est parfois quelqu’un qui a plié, qui a craqué, qui a été détruit en dedans, et qui se relève quand même. Pas parce que tout est réglé. Pas parce que tout va bien. Mais parce que rester immobile serait pire.

Avant de salir le corps de quelqu’un, il faudrait peut-être se rappeler qu’on ne regarde pas seulement une photo.

On regarde une personne.

Une histoire.

Un combat qu’on ne connaît pas.

Un corps qui continue malgré quelque chose.

Un corps fort, ce n’est pas toujours un corps qui n’a jamais souffert. Parfois, c’est un corps qui a souffert, qui s’est relevé, puis qui continue quand même.


On ne s’entraîne pas parce qu’on est déjà capable

Il y a une énorme préconception autour de l’entraînement.

Beaucoup de gens regardent quelqu’un qui bouge, qui va au gym, qui marche, qui s’entraîne, qui progresse, et ils pensent que cette personne est déjà forte, déjà en forme, déjà fonctionnelle, déjà capable.

Mais c’est justement l’inverse.

On ne s’entraîne pas parce qu’on est déjà capable. On s’entraîne pour le devenir.

C’est peut-être une des choses les plus mal comprises dans notre rapport au corps. Les gens regardent quelqu’un qui s’entraîne depuis 10, 20 ou 30 ans, puis ils comparent ça à leur jour 1. Ils regardent une personne qui a bâti sa discipline pendant des années et ils se disent : “Je ne serai jamais capable de faire ça.”

Mais personne ne demande de commencer là.

Si aujourd’hui tu peux faire 7 pas, tu essaies d’en faire 8. Et idéalement, le 8e est difficile. Le 9e serait rough. Le 10e serait impossible. C’est ça, s’entraîner.

Ce n’est pas prouver qu’on est déjà fort. C’est repousser graduellement ce qu’on peut faire.

On ne regarde pas quelqu’un parler espagnol couramment en disant : “Je ne parlerai jamais espagnol, donc je ne vais jamais apprendre.” On comprend qu’il faut commencer par un mot, puis une phrase, puis une conversation croche, puis une vraie conversation. Le corps fonctionne pareil.

La force, l’endurance, la mobilité, la coordination, la confiance physique, ça s’apprend. Ça se reconstruit.

Et parfois, ça se reconstruit après avoir été brisé.

Quelqu’un peut aller au gym et ne pas aller bien. Quelqu’un peut sourire et souffrir. Quelqu’un peut s’entraîner et être en train de survivre à quelque chose. Bouger ne veut pas dire que tout est réglé. Ça peut simplement vouloir dire que la personne fait ce qu’elle peut pour ne pas dépérir.

Évidemment, il faut être intelligent. Il faut adapter. Il faut respecter les blessures, les limites, les douleurs, les conditions de santé. Mais le corps humain est fait pour s’adapter. C’est même une de ses grandes spécialités. Et dans énormément de cas, l’immobilité prolongée n’aide pas. Elle affaiblit, elle déconditionne, elle crée des compensations, elle rend le retour encore plus difficile.

Bouger malgré certaines douleurs ou certaines limitations ne veut donc pas dire : “tout va bien.”

Ça peut vouloir dire : “je fais attention.”

Ça peut vouloir dire : “je recommence doucement.”

Ça peut vouloir dire : “je refuse de laisser mon corps se fermer complètement.”

Ça peut vouloir dire : “aujourd’hui, mon objectif, c’est juste de mettre mes souliers.”

Et c’est suffisant.


Un corps de femme n’est pas une anomalie

On voit aussi la même stupidité dès qu’une femme n’a pas exactement le corps qu’on attend d’elle. Si elle a un peu de ventre, des cuisses plus fortes, des hanches plus larges, une carrure différente, certains se sentent obligés de commenter comme si le corps humain devait être fabriqué en série.

anime de mes nièces à 10 ans

Mais aucun corps n’est fait exactement pareil. Même des jumeaux peuvent se développer différemment. Ça pourrait ressembler à mes deux nièces, dont une est devenue athlète et l’autre pourrait être sa garde-du-corps… 🙂

Une femme qui a une petite bedaine, c’est totalement normal. Un ventre peut bomber selon le cycle menstruel, la digestion, la santé, l’entraînement, la fatigue, les hormones, la génétique, la vie. Le corps garde aussi du mou, de la souplesse, de la protection. Ce n’est pas une anomalie. Ce n’est pas une faute esthétique. C’est la condition normale du corps humain.

Donc, quand certaines personnes sont offensées par une femme qui a un ventre, des cuisses, des plis, des formes ou un entrejambe visible sous un vêtement, elles ne sont pas offensées par une photo. Elles sont offensées par la réalité biologique de la moitié de l’humanité.

À un moment donné, on ne va pas continuer à demander aux femmes de se cacher pour accommoder des gens trop facilement perturbés par un corps normal. Ce n’est pas aux femmes de disparaître. C’est aux autres d’apprendre à regarder autrement.

Et quand on parle d’un corps entraîné, c’est encore plus absurde.

Une femme ou un homme qui s’entraîne, qui se muscle, qui pousse ses limites, ce n’est pas automatiquement quelqu’un qui cherche des clics, de la validation, du sexe ou qui a un problème d’identité. Souvent, c’est juste du dépassement personnel. C’est vouloir voir jusqu’où son propre corps peut aller. C’est la performance. C’est le travail. C’est la discipline.

C’est comme un joueur de hockey qui travaille son patin, un skieur qui pousse ses sauts, un coureur qui améliore son temps, un gymnaste qui répète un mouvement jusqu’à le maîtriser. Le corps devient l’outil. Et quand cet outil est travaillé, ça se voit.

Un corps fort, en santé, musclé, assumé, ce n’est pas sale. Ce n’est pas nécessairement sexuel. C’est souvent le résultat de la volonté, de la constance, de l’effort et de la détermination. Le sport rend les corps différents. L’entraînement rend les corps différents. La performance rend les corps différents. Et c’est normal.

anime de Alysha Newman en saut à la perche qui célèbre en 2024

C’est normal qu’on voie des athlètes en maillot, torse nu, en vêtements ajustés, en posture de performance ou dans des photos qui montrent leur progression. Leur corps est leur outil de travail. Leur corps raconte leur sport. Il raconte leurs heures d’entraînement, leurs blessures, leurs sacrifices, leurs progrès.

 

On l’a même vu avec des athlètes olympiques qui ont ouvert des comptes OnlyFans pour vendre des photos de leur corps d’athlète, sans que ce soit nécessairement du nu ou du contenu sexuel. Ils montraient leur travail, leur discipline, leur corps construit par leur sport. Mais comme certaines personnes ne savent plus faire la différence entre un corps humain et leur propre réflexe sexuel, tout devient suspect.

anime de Diego Balleza qui pose avant de plonger, 2020 sur son OF.

C’est ça, le vrai problème : la sexualisation automatique du regard.

On ne sait plus regarder un corps fort sans l’associer à la provocation. On ne sait plus regarder un corps féminin sans le réduire au sexe. On ne sait plus regarder une personne qui s’assume sans lui prêter une quête d’attention.

Et pendant ce temps-là, des gens qui travaillent réellement sur eux-mêmes, qui s’entraînent, qui poussent leur corps, qui cherchent à progresser, se font juger par des gens assis dans leur salon qui n’ont rien de mieux à faire que commenter des conneries sur les réseaux sociaux.


Monsieur muscle : quand un homme se montre, on comprend mieux le message

Et c’est là que le double standard devient évident.

anime de mon fils Marc-Antoine à 29 ans

Mon fils a 30 ans. C’est un gars normal, équilibré, qui travaille, qui s’entraîne, qui vit sa vie. De temps en temps, il se fait des périodes plus intenses au gym. Il pousse plus fort. Il se muscle. Il se teste. Il veut voir jusqu’où son corps peut aller.

Ce n’est pas parce qu’il a un problème d’identité.

Ce n’est pas parce qu’il veut devenir “trop musclé”.

Ce n’est pas parce qu’il cherche à vendre du rêve.

C’est simplement du dépassement.

Comme un joueur de hockey qui travaille son patin. Comme un skieur qui pousse ses sauts. Comme un coureur qui veut améliorer son temps. Comme n’importe quelle personne qui décide que son corps peut devenir plus fort, plus précis, plus solide, plus performant.

Quand un homme se montre musclé, on comprend généralement assez vite le message : il s’entraîne, il travaille, il pousse son corps, le résultat est visible. Les commentaires peuvent être niaiseux aussi, bien sûr, mais le regard social est différent. On voit plus facilement l’effort, la performance, la discipline.

Et s’il se relâche?

On arrête simplement d’en parler.

Un gars avec une bedaine, c’est banal. C’est presque normalisé. On ne le traite pas comme s’il venait de trahir l’humanité. On ne dissèque pas son ventre, ses cuisses, ses hanches, sa posture, son âge, son cycle hormonal, sa santé mentale, son droit d’exister.

Mais une femme avec une petite bedaine?

Une femme avec des cuisses fortes?

Une femme avec des hanches?

Une femme avec un corps qui change?

Là, soudainement, tout le monde se sent autorisé à commenter.

C’est ça, le tribunal esthétique réservé aux femmes.

Chez les hommes, le corps peut être un outil. Chez les femmes, il devient trop souvent un dossier public.

Ces deux images racontent pourtant la même chose : deux corps qui travaillent. Deux personnes qui bougent. Deux humains qui utilisent leur corps pour avancer, performer, tenir debout ou se dépasser.

Mais le regard du public n’est pas le même.

Un homme qui montre ses muscles montre son entraînement. Une femme qui montre ses cuisses doit encore trop souvent survivre au regard sexuel, au jugement esthétique, aux comparaisons, aux commentaires vulgaires et aux critiques des autres femmes.

Pourtant, dans les deux cas, on devrait voir la même chose : un corps humain qui fait quelque chose de mieux que s’éteindre dans un divan.


Le tribunal esthétique réservé aux femmes

Quand un homme se montre musclé, en forme, travaillé, on comprend assez vite qu’il montre le résultat de son entraînement. Il peut y avoir des commentaires, bien sûr, mais le message général reste souvent simple : il s’entraîne, il performe, il a poussé son corps, le résultat est visible.

Et s’il se relâche, s’il prend du ventre, s’il revient à un corps plus ordinaire, on arrête simplement d’en parler. Un gars avec une bedaine, c’est presque banal. C’est “normal”.

Mais une femme avec une petite bedaine, des cuisses fortes, des hanches, des plis ou un corps qui sort un peu du modèle attendu, c’est tout de suite traité comme une faute. Comme si son corps devait rester en permanence conforme, lisse, désirable, contrôlé, validé par le regard des autres.

Et ce qui est encore plus dur à regarder, c’est que les commentaires sexuels viennent souvent des hommes, mais les critiques les plus acides, les plus méchantes, les plus chirurgicales envers les femmes viennent très souvent d’autres femmes.

Ce n’est pas le même type de violence.

Les hommes sexualisent.

Les femmes comparent, dissèquent, rabaissent, corrigent, punissent.

Dans les deux cas, le corps féminin devient un objet public à évaluer.

Et comme si ce n’était pas assez absurde, on tombe parfois dans l’excès inverse.

Une femme avec un corps normal peut se faire démolir pour une petite bedaine, mais si une femme en obésité morbide arrive dans les médias avec un discours d’affirmation, là on se met à l’applaudir comme si la santé n’existait plus. Parce qu’elle “s’assume”. Parce qu’elle devient un symbole. Parce qu’il faut faire semblant que tout se vaut, tant que le discours est emballé dans la bonne tendance.

Mais non.

On peut respecter une personne sans applaudir sa maladie. On peut refuser l’humiliation publique sans transformer un état de santé dangereux en modèle. On peut dire à une femme qu’elle mérite du respect, de la dignité, de l’aide, sans lui mentir en prétendant que tout va bien.

C’est là que le cirque médiatique devient complètement incohérent. Une femme légèrement plus costaude que le standard se fait ramasser. Une chanteuse qui prend du poids après un problème de santé se fait traiter comme une anomalie. Mais une femme en obésité morbide peut être applaudie tant qu’elle sert de drapeau à une cause.

Et si elle décide ensuite de perdre du poids, de se reprendre en main, d’améliorer sa santé, une partie du même public la renie, comme si elle avait trahi le personnage qu’on voulait qu’elle incarne.

anime de Lizzo, avant-après, qu’elle a publié en aout 2025

Lizzo est probablement l’exemple le plus visible de ça : applaudie quand elle représentait l’affirmation d’un corps très gros, puis critiquée par certains dès qu’elle a commencé à changer. Comme si son corps ne lui appartenait pas vraiment. Comme si elle devait rester enfermée dans le rôle que le public lui avait donné.

Au fond, c’est toujours le même problème : on ne regarde pas les gens comme des êtres humains. On les regarde comme des symboles.

Le corps musclé devient narcissique.

Le corps féminin normal devient critiquable.

Le corps malade devient militant.

Le corps qui guérit devient une trahison.

Le corps qui performe devient suspect.

Le corps qui change devient un scandale.


Jeongyeon : quand un corps qui guérit devient une cible

On voit aussi ce phénomène dans la mode, dans la musique, dans la pop, dans la K-pop.

Dès qu’une femme ne correspond pas parfaitement au standard imposé — trop mince, trop jeune, trop lisse, trop fragile, trop irréel — elle se fait ramasser.

anime de Jeongyeon, en 2024 vs 2026

Je pense entre autres à Jeongyeon, de Twice. Elle avait déjà une carrure différente de plusieurs autres idoles : plus grande, plus solide, plus femme. Puis elle a eu un vrai problème de santé, avec un déplacement de vertèbre au cou. Elle a dû prendre des stéroïdes pour guérir, ce qui a entraîné des effets physiques importants, dont un syndrome de Cushing.

Son corps a changé. Elle a pris du poids. Elle s’en est sortie. Et malgré ça, le jugement a été brutal.

Le plus absurde, c’est qu’en Amérique du Nord, son corps n’aurait probablement même pas choqué. Elle aurait simplement eu l’air d’une femme normale. Rien de scandaleux. Rien d’extrême.

anime de Jeongyeon dans le video This is For, de Twice, 2025, un hommage de l’équipe à la volonté de Jeongyeon

Dans This Is For, TWICE livre un hymne pop lumineux sur la confiance, la résilience et les femmes qui n’ont pas toujours été assez encouragées. La chanson parle de celles qu’on a sous-estimées, jugées, blessées, ou qui ont simplement besoin qu’on leur rappelle leur propre valeur.

Officiellement, le message est large : c’est pour les femmes, pour les fans, pour celles et ceux qui ont besoin de reprendre confiance. Mais dans le contexte du groupe, difficile de ne pas penser aussi au parcours de Jeongyeon. Après ses problèmes de santé, sa prise de poids, les critiques violentes et le regard impitoyable du public, elle est restée debout. Elle est restée dans le groupe. Elle a continué.

Et c’est ce qui rend l’image encore plus forte : au centre, on voit une femme qui ne correspond pas exactement au moule habituel de l’idole fragile, minuscule et parfaitement standardisée. Elle porte un vêtement plus ample, elle occupe l’espace autrement, et justement, elle devient le point d’ancrage de l’image. Ce n’est pas une faiblesse visuelle. C’est une présence. C’est notre amie Jeongyeon qui est restée dans le groupe malgré toutes les critiques, et qui est revenue comme « une membre comme les autres » dans un groupe qui se considère uni.

Dans une industrie où les corps féminins sont scrutés au millimètre, voir une chanson qui dit “ceci est pour celles qui n’ont pas été assez encouragées” prend un sens particulier. Parce que parfois, la résilience n’a pas l’air d’une transformation parfaite. Parfois, elle a simplement l’air de quelqu’un qui revient, qui danse encore, qui sourit encore, et qui refuse de disparaître.

Mais dans un milieu comme la K-pop, où le standard féminin peut être d’une minceur presque adolescente, Jeongyeon a été regardée comme si elle était devenue une anomalie. Et les filles du groupe ont dit « ça suffit ».

Et c’est exactement ça le problème.

Ce n’était pas une anomalie.

C’était une femme qui guérissait.

Un corps qui réagissait à une blessure, à des médicaments, à la maladie, à la vie.

Mais au lieu de voir une personne réelle avec un corps réel, certains ont préféré la juger comme si elle avait commis une faute esthétique.

À force de consommer des images filtrées, retouchées, sexualisées et standardisées, certains ne reconnaissent même plus la normalité. Ils ne reconnaissent plus un ventre normal. Ils ne reconnaissent plus des cuisses normales. Ils ne reconnaissent plus un corps adulte. Ils ne reconnaissent plus un corps qui change, un corps qui guérit, un corps qui vit.


Le paradoxe K-pop : chanter la liberté dans une industrie du contrôle

Et c’est là qu’on tombe dans une contradiction fascinante.

Un des univers les plus stricts, les plus contrôlés, les plus obsédés par l’image parfaite, c’est justement la K-pop. Les idoles sont scrutées au millimètre. Leur poids, leur peau, leurs vêtements, leurs fréquentations, leurs horaires, leurs sorties, leurs gestes, leurs expressions faciales : tout peut devenir matière à critique.

On leur demande d’être jeunes, belles, minces, disciplinées, disponibles, parfaites, polies, désirables, mais jamais trop libres.

Et pourtant, ces mêmes idoles chantent souvent exactement l’inverse.

Elles chantent la liberté, le choix, le respect de soi, l’authenticité, le droit de ne pas se faire définir par le regard des autres. Elles chantent : sois toi-même, ignore les jugements, tes défauts sont ta force, avance quand même.

C’est presque absurde quand on y pense : une industrie qui contrôle les corps au maximum vend au public des hymnes sur la liberté personnelle.

anime des filles de StayC dans le vidéo I Want It.

STAYC est un bon exemple de cette contradiction, mais aussi d’une évolution intéressante. Avec I WANT IT, on est dans une chanson de party, électronique, énergique, légère en apparence, mais le message est clair : ne pas trop forcer pour plaire, ne pas se perdre dans le regard des autres, transformer ses imperfections en force, garder son identité, avancer malgré les critiques.

Ce n’est pas très différent des chansons de party qu’on entend ici, sauf que le contexte change tout.

Dans la pop occidentale, chanter l’affirmation de soi est devenu presque banal. Mais dans la K-pop, où les standards corporels sont souvent extrêmes, où l’image féminine reste très contrôlée, entendre de jeunes femmes chanter qu’elles ne veulent plus seulement “avoir l’air jolies”, qu’elles veulent être réelles, qu’elles veulent casser les règles et exister autrement, ça prend un autre poids.

STAYC a justement une image un peu différente. Elles ne jouent pas autant la carte de la petite fille fragile, ultra lisse, presque infantilisée. Elles assument davantage des formes de jeunes femmes adultes, une énergie plus directe, plus confiante, moins “poupée de vitrine”.

Elles ne sont pas dans le même registre que les groupes de deuxième génération devenues sexy et matures avec l’âge. Elles sont encore jeunes, mais elles semblent déjà vouloir sortir de cette obligation d’avoir l’air de bébés parfaits pour être acceptées.

C’est là que le contraste devient intéressant : dans une industrie qui fabrique des images presque irréelles, certaines artistes commencent à utiliser le même système pour dire “je ne suis pas juste une image”.

Évidemment, ça reste de la pop. Ça reste produit, chorégraphié, stylisé, marketé. Mais le message compte quand même. Parce qu’il montre qu’il y a une tension réelle entre ce que le public exige des femmes et ce que ces femmes veulent pouvoir dire d’elles-mêmes.

On veut qu’elles soient parfaites, mais elles chantent qu’elles n’ont pas besoin de l’être.

On veut qu’elles restent petites, minces, lisses, contrôlées, mais elles chantent qu’elles veulent être vraies.

On veut qu’elles plaisent au regard des autres, mais elles chantent qu’elles veulent choisir leur propre standard.

Il faut aussi faire attention quand on regarde la K-pop avec nos yeux nord-américains. Oui, les filles se ressemblent souvent : taille semblable, silhouette mince, visage stylisé, vêtements coordonnés. Mais ce n’est pas seulement une invention de l’industrie. C’est aussi le reflet d’une population beaucoup plus homogène physiquement que la nôtre, avec une culture où le surpoids important n’est pas présenté comme une mode ou une affirmation identitaire, mais plutôt comme un problème de santé sérieux.

En Corée du Sud, le corps “standard” n’est pas le même qu’ici. La population est plus uniforme dans ses morphologies générales, pour des raisons historiques, alimentaires, culturelles et génétiques. Alors quand une idole sort un peu de ce moule — plus grande, plus costaude, plus large, plus adulte dans sa silhouette — la différence saute aux yeux beaucoup plus vite que chez nous.

C’est pour ça qu’une femme comme Jeongyeon peut être perçue là-bas comme “hors norme”, alors qu’en Amérique du Nord, elle aurait simplement l’air d’une femme normale. Ce n’est pas qu’elle est énorme. C’est que le cadre autour d’elle est extrêmement étroit. Et plus le standard est étroit, plus la moindre variation devient visible, critiquée, amplifiée.

Et au fond, c’est exactement le cœur du problème.

Le corps des femmes est encore trop souvent traité comme un produit collectif : quelque chose que le public peut juger, corriger, noter, sexualiser, applaudir, punir ou rejeter.

Mais dès qu’une femme dit “non, ce corps-là m’appartient”, ça dérange.

Que ce soit une femme au gym qui montre ses cuisses, une chanteuse K-pop qui refuse d’avoir l’air d’une enfant, une artiste qui prend du poids après une maladie, une femme plus âgée qui continue de s’afficher, ou une personne qui retourne s’entraîner après avoir été brisée : le même malaise revient toujours.

Certaines personnes ne supportent pas que le corps d’une femme existe sans leur demander la permission.


Strategy : quand la séduction américaine entre dans le cadre K-pop

Un autre exemple intéressant, c’est Strategy, la collaboration entre TWICE et Megan Thee Stallion.

Sur papier, la chanson parle de charme, de séduction, de stratégie pour attirer l’autre. Mais le clip devient plus intéressant que le simple sujet de la chanson, parce qu’il met en scène deux codes féminins très différents.

anime de TWICE Strategy (feat. Megan Thee Stallion), avec Jeongyeon à droite!

D’un côté, Megan arrive avec un langage très américain : frontal, corporel, dominant, sexy, assumé, presque pédagogique. Elle incarne cette idée nord-américaine où l’affirmation de soi passe souvent par la démonstration du corps, la confiance sexuelle et l’occupation maximale de l’espace.

De l’autre côté, les filles de TWICE restent dans leur univers : plus contrôlé, plus chorégraphié, plus stylisé, plus collectif. Elles jouent avec le thème de la séduction, mais sans devenir Megan. Elles ne se transforment pas en version coréenne d’une rappeuse américaine. Elles gardent leur code.

Et c’est probablement ce qui a dérangé une partie des fans asiatiques. Plusieurs ont vu le sujet comme un rabaissement, comme si TWICE n’avait pas besoin d’aller chercher ce type de discours plus américain pour exister. Le clip fait presque apparaître cette tension-là : Megan propose une stratégie, mais après son intervention, les filles semblent répondre à leur façon, dans leur propre langage, en sweatpants roses, pas particulièrement sexy, pas dans une posture de provocation.

C’est ce qui rend la scène intéressante.

Elles ne rejettent pas la confiance. Elles ne rejettent pas la séduction. Mais elles refusent implicitement l’idée qu’il n’existe qu’une seule manière d’être une femme confiante. Elles n’ont pas besoin d’adopter entièrement les codes américains du “regardez-moi, désirez-moi, je contrôle le jeu” pour affirmer qu’elles ont leur propre force.

Et c’est là que le clip devient utile dans cette réflexion sur le corps des femmes.

Parce que la pression ne vient pas toujours d’un seul côté. En Corée, les femmes sont souvent enfermées dans des standards de minceur, de jeunesse, de contrôle et de perfection. En Amérique, elles peuvent être enfermées dans un autre standard : celui de l’affirmation permanente, du corps mis en marché, de la sexualité comme preuve de puissance.

Dans les deux cas, on demande encore aux femmes de jouer un rôle.

Sois mince.
Sois sexy.
Sois libre.
Sois contrôlée.
Sois désirable.
Sois puissante.
Mais surtout, sois-le de la manière que ton public attend.

Le paradoxe de Strategy, c’est que le clip montre presque malgré lui que TWICE n’a pas besoin d’être Megan Thee Stallion pour exister. Et c’est peut-être pour ça que la chanson a moins accroché : elle met en contact deux univers qui ne parlent pas du corps féminin de la même façon.

Au fond, ce n’est pas seulement une chanson sur la séduction. C’est une rencontre entre deux marchés, deux cultures, deux façons de vendre la féminité. Et au milieu, on voit des femmes qui essaient encore de garder leur propre langage.


Vieillir : le crime esthétique réservé aux femmes

On fait la même chose avec l’âge.

Madonna vieillit. Céline Dion vieillit. Ben oui. Tout le monde vieillit. Mais parce qu’elles ont été des divas, des icônes, des femmes qui ont porté une image forte, glamour, sexy, spectaculaire, on dirait que le public ne leur permet pas de vieillir normalement.

Si elles s’affichent encore avec audace, on les accuse d’en faire trop.

Si elles changent, on les trouve maganées.

Si elles tentent de rester dans leur personnage, on les ridiculise.

Si elles s’en éloignent, on dit qu’elles ne sont plus ce qu’elles étaient.

anime des Rolling Stones de leur calendrier 2026

Pendant ce temps-là, du côté des hommes, personne ne semble vraiment paniquer de voir des légendes du rock avoir l’air de vieux corps usés par la vie. Les Rolling Stones peuvent monter sur scène à 80 ans avec des visages creusés, des corps maigres, fatigués, presque fantomatiques, et on appelle ça du rock, de l’authenticité, de la longévité.

Chez un homme, vieillir devient une preuve de parcours.

Chez une femme, vieillir devient une faute visuelle.

C’est ça, le double standard.

Un homme peut être vieux, ridé, fatigué, bedonnant, marqué par l’alcool, la route, les excès, les années, et on va encore parler de sa carrière, de son énergie, de son héritage.

Une femme, elle, doit encore gérer son visage, son poids, son cou, ses bras, ses cuisses, ses vêtements, son âge, son sex-appeal, son “avant-après”.

Comme si son talent ne suffisait jamais à la sortir du tribunal esthétique.

anime de Emily Armstrong, ça c’est son plus sexy avec Linkin’ Park…

Même dans le rock, on le voit autrement. Linkin Park a remplacé Chester par Emily Armstrong, une femme, et pourtant elle ne se promène pas en bobettes sur scène pour attirer les regards. Elle arrive en jeans, en chemise, dans un code beaucoup plus proche du monde des gars. Elle chante, elle performe, elle prend sa place dans un univers masculin sans devoir jouer à la poupée hypersexualisée.

Et c’est peut-être justement parce que le rock est un monde de gars que ça passe mieux. Dans ce cadre-là, elle peut être jugée sur sa voix, sa présence, son énergie, son rôle dans le groupe. Elle n’a pas à répondre aux mêmes standards que les femmes de la pop, de la mode ou de la K-pop, où chaque détail du corps devient une matière à critique.

Au fond, le public ne regarde pas les hommes et les femmes avec les mêmes règles.

Un homme peut être un corps usé qui continue.

Une femme doit rester une image contrôlée.

Un homme vieillit en légende.

Une femme vieillit en débat.


Vieillir debout

Et il y a aussi le rapport à l’âge plus ordinaire, celui de tout le monde.

anime de Joan MacDonald à 83 ans

C’est certain que toutes les femmes ne deviendront pas des Joan MacDonald ou des Paulina Porizkova. Tout le monde n’a pas la même génétique, la même discipline, la même santé, le même parcours, ni le même rapport au corps.

Mais il y a quand même une idée simple qu’on semble oublier : vieillir ne devrait pas vouloir dire arrêter de bouger, arrêter de s’entretenir, arrêter d’utiliser son corps.

À la retraite, au lieu de se laisser disparaître dans un coin du salon à regarder The Price is Right en commentant le corps des autres, il y aurait peut-être quelque chose de plus utile à faire : marcher, s’entraîner un peu, garder de la force, garder de la mobilité, garder de l’autonomie.

Pas pour devenir une influenceuse fitness à 75 ans.

Juste pour rester vivante dans son propre corps.

Joan MacDonald est devenue une figure inspirante du fitness après 70 ans, au moment où sa santé commençait sérieusement à décliner. Avec de la haute pression, du reflux gastrique, de la fatigue et des problèmes de mobilité, elle aurait facilement pu accepter l’idée que “c’est normal de vieillir comme ça”. Mais avec l’aide de sa fille, entraîneuse, elle a commencé à lever des poids, à mieux manger et à documenter son parcours en ligne. Ce qui devait être une simple façon de rester responsable est devenu un mouvement mondial. Connue sous le nom de @trainwithjoan, elle est devenue la preuve vivante qu’il n’est jamais trop tard pour reprendre son corps en main, retrouver de la force, de l’autonomie et vieillir debout au lieu de s’effacer tranquillement.

Parce qu’au fond, c’est souvent ça qui dérange. Ceux et celles qui bougent encore, qui s’entraînent encore, qui se tiennent encore, qui osent encore se montrer, rappellent aux autres ce qu’ils ont abandonné.

Et au lieu de se demander “qu’est-ce que je pourrais faire pour aller mieux?”, certains préfèrent réduire les autres : trop musclée, trop vieille, trop maigre, trop grosse, trop sexy, trop fière, trop visible.

C’est plus facile de juger quelqu’un qui bouge encore que de se lever soi-même.

C’est plus facile de rire d’une femme qui montre ses cuisses que d’admettre qu’on ne prend plus soin de ses propres jambes.

C’est plus facile de traiter quelqu’un de narcissique que de reconnaître sa discipline.

C’est plus facile de dire “elle en fait trop” que de se demander pourquoi on ne fait plus rien.


Quand la différence physique devient un spectacle

On voit aussi ce malaise avec les différences physiques visibles.

anime de James Doohan dans les années ’90 qui explique qu’il a dû faire très attention tout au long de sa carrière pour ne pas focusser sur son doigt manquant dans les scènes de Star Trek…

Quand un homme a un “défaut” physique, par exemple une main abîmée, des doigts manquants ou une particularité visible — comme Jamel Debbouze, James Doohan, le Scotty de Star Trek, ou Peter MacLeod — on le remarque, parfois on en parle, mais ça ne devient généralement pas un procès esthétique. Personne n’est offensé. Personne ne dit que ça “brise” son image. Ça fait partie de lui, point.

Mais si c’est une femme, le regard devient souvent beaucoup plus cruel. Là, soudainement, la différence physique devient une atteinte à sa beauté. Comme si le corps féminin devait rester intact, symétrique, décoratif, acceptable sous tous les angles. Comme si une femme n’avait pas seulement à vivre dans son corps, mais à préserver en permanence l’idée que les autres se font de sa beauté.

Et il y a aussi l’excès inverse.

Quand une personne, homme ou femme, a une différence physique très visible, un handicap majeur ou une malformation importante, comme Martin Deschamps, plusieurs se précipitent pour dire : “Ça ne paraît pas”, “il est comme tout le monde”, “on ne voit pas la différence”.

Mais ce n’est pas toujours un compliment. Parfois, c’est juste une autre façon de refuser de regarder la réalité. Comme si la seule manière de respecter quelqu’un était de faire semblant que sa différence n’existe pas.

Or, ce n’est pas ça, le respect.

Respecter quelqu’un, ce n’est pas transformer une petite différence en tragédie esthétique. Mais ce n’est pas non plus effacer une grande différence pour se rassurer soi-même.

Un corps différent reste un corps réel. Un corps amputé, marqué, malade, handicapé, transformé, usé ou asymétrique n’a pas besoin d’être ni dramatisé, ni nié. Il a besoin d’être regardé avec maturité.

Le problème, encore une fois, c’est le regard.

D’un côté, on grossit certaines différences jusqu’à en faire un scandale. De l’autre, on efface les différences plus importantes pour se donner bonne conscience. Dans les deux cas, on ne laisse pas la personne être simplement humaine dans son propre corps. On oblige encore son corps à devenir un symbole : soit de défaut, soit de courage, soit de malaise, soit d’inspiration obligatoire.

À un moment donné, il faudrait peut-être apprendre à faire plus simple : voir la personne, voir son corps, voir sa réalité, sans le salir, sans le nier, sans en faire un cirque.


Le corps n’est pas un produit fini

Le problème n’est pas qu’une femme ait des cuisses.

Le problème n’est pas qu’une femme ait du ventre.

Le problème n’est pas qu’une femme montre ses progrès physiques.

Le problème n’est pas qu’un homme se muscle pour se dépasser.

Le problème n’est pas qu’un athlète montre le corps que son sport a construit.

Le problème n’est pas qu’une femme vieillisse.

Le problème n’est pas qu’un corps change.

Le problème, c’est qu’une partie du public est devenue incapable de regarder un corps sans le salir.

On ne devrait pas avoir à expliquer à des adultes qu’une femme a un corps de femme.

On ne devrait pas avoir à expliquer qu’un vêtement peut épouser une forme.

On ne devrait pas avoir à expliquer qu’un athlète peut montrer ses muscles sans vendre du sexe.

On ne devrait pas avoir à expliquer qu’une personne peut être fière de son progrès physique sans chercher l’approbation de tout le monde.

On ne devrait pas avoir à expliquer qu’une femme malade peut prendre du poids.

On ne devrait pas avoir à expliquer qu’une femme âgée vieillit.

On ne devrait pas avoir à expliquer qu’un corps humain n’est pas un produit fini.

À un moment donné, si voir un corps humain normal vous dérange, le problème n’est pas la photo. Le problème, c’est vous.

Un corps humain, ça vit.

Ça change.

Ça s’entraîne.

Ça tombe malade.

Ça guérit.

Ça prend du poids.

Ça en perd.

Ça vieillit.

Ça performe.

Ça fatigue.

Ça se transforme.

Et pendant que certains passent leur temps à juger ceux qui se montrent encore, ceux qui bougent encore, ceux qui essaient encore, il y en a d’autres qui font simplement le travail : ils se lèvent, ils s’entraînent, ils marchent, ils progressent, ils vieillissent debout.

Honnêtement, si plus de gens visaient le dépassement au lieu de s’écraser dans leur salon pour écrire des commentaires débiles sous les photos des autres, on serait probablement en bien meilleure santé collectivement.

PS: l’usage du kPop et du groupe Twice est volontaire: Twice est considéré comme un des groupes représentant le plus la jeunesse coréenne des années 2020, la 4e génération du kPop, et un des groupes qui se plie le moins aux règles des idoles.

Publications similaires